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Pour s’aventurer sous la peau des choses

Du 26 septembre au 5 décembre 2017

La Galerie – espace Georges-Brassens
1 place Abbé Pierre
21240 Talant

Sculptures en laine de mouton feutrée, les portraits de Anne Guibert-Lassalle empruntent à la matière animale qui lui dicte l’imprécision, l’indécision, la modestie du regard phénoménologique, ce regard qui effleure l’être toujours en fuite des hommes et des femmes qu’il croise. Une quête commencée en feuilletant Heidegger, Levinas et Erving Goffman.

« Afin de rendre un élan vital à mes sculptures, j’ai recours à deux gestes différents : J’enferme au cœur de la laine sculptée de petits bouts de textes poétiques qui sont de mon fait ou piochés chez d’autres. Ce faisant, je réveille un usage pratiqué par les artistes grecs qui cachaient dans leurs statues des textes afin de contraindre le dieu figuré à venir « habiter » sa représentation. Cette pratique est attestée tardivement par Proclus au Ve siècle. Je modèle la laine à l’aiguille à feutrer après l’avoir caressée et pressée entre

mes mains. Ce modelage, improvisé à partir d’une pratique de façonnage de la terre, est confronté aux résistances molles d’une matière qui refuse la précision de la forme. La laine elle-même, avec son odeur et son toucher particulier, m’oblige à décanter et simplifier ce qui sort de mes mains. »

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