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Décembre 2015 – Fibre climatique

A l’occasion de la COP 21, de nombreux projets artistiques ayant pour intention de porter la problématique écologique à la vue du grand public, et peut être aussi des acteurs politiques, ont été mis en place à Paris. Sur les places et dans des institutions culturelles, des œuvres donnent à voir l’engagement des artistes.

Ainsi, La Fondation Electra propose une vision métaphorique des enjeux climatiques dans une exposition intitulée Climats artificiels. Une exposition sensible qui met en perspective le changement climatique à travers la vision d’artistes contemporains, afin de permettre à chacun de se questionner et d’appréhender avec poésie les enjeux de changements à venir. Ailleurs, dans l’exposition Fukushima mon amour, 50 artistes qui se disent « artivistes » dénoncent le silence et l’inaction autour de la catastrophe nucléaire de Fukushima survenue en mars 2011. A voir à la galerie 18bis, boulevard Voltaire à Paris.

On peut s’interroger sur l’efficacité de ses œuvres engagées auxquelles ont peut accorder la valeur des représentations de la Peinture d’Histoire, mais on ne peut mettre en doute la sincérité des artistes qui, avec leurs armes, cherchent à faire évoluer politiquement notre regard. Dans le domaine textile, le recyclage est l’outil privilégié de cette réflexion et nous voudrions revenir sur trois informations que vous pouvez retrouver dans nos actualités :

Le sudio Brieditis et Evans a construit le projet Re Rag Rug : à partir de chutes de l’industrie textile, les deux designers suédoises ont créé à la main 12 tapis, pendant 12 mois, utilisant 12 techniques d’artisanat différentes. Une réflexion sur la valeur de l’objet et sur l’importance du design dans la fabrication et dans le processus de recyclage. Le projet artistique aux dimensions écologiques et sociales prend la forme d’un défi autour du trasmatta, tapis de tissus recyclés, objet historiquement très présent dans la culture populaire scandinave (rag-rug en anglais). En utilisant uniquement des matériaux prétendument « sans valeur » – des chutes de l’industrie textile ou des T-shirts, destinés à être jetés – les créatrices cherchent à fabriquer des pièces « de valeur » durables, le fil directeur de leur travail restant l’importance donnée au design et au processus de création.

Des tonnes de vêtements sont collectées dans le monde pour être recyclées par l’entreprise U-CLIFE. A partir de cette ressource illimitée, l’entreprise confectionne une gamme exclusive de tissus d’assemblage à destination des marques pour la création de leurs produits. Avec un concept écologique et créatif, les matières sont soigneusement sélectionnées. Cette ressource vertueuse et infinie est la même que celle des quilt américains. La démarche est novatrice parce qu’elle se fait à une échelle industrielle.

L’artiste Susy Ganch collecte les détritus de notre vie quotidienne, tels que gobelets et couverts en plastique. Elle les rassemble, les entrecroise, les suspend afin de constituer des sculptures d’une grande légèreté qui nous surprennent d’autant plus que leur grande pureté de forme provient de matériaux aussi peu considérés.

 

La plus emblématique des œuvres, a été provoquée par l’interdiction de la grande marche pour le climat qui devait se tenir à Paris le 29 novembre. En demandant le dépôt des chaussures qui n’ont pu marcher, l’ONG Avaaz a mobilisé les écologistes et transformé la place de la République en un immense tapis bariolé, installation collective faite de milliers de paires de chaussures.

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