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Daniel GRAFFIN

DANIEL GRAFFIN, Wind, sculpture au camera concert festival en October 2011 à the Dutch island of Schiermonnikoog.

DANIEL GRAFFIN, Wind
sculpture au camera concert festival en October 2011
à the Dutch island of Schiermonnikoog.

Daniel Graffin né en 1938, vit et travaille à Paris et dans le sud de la France.

C’est est un sculpteur français, dont la majeure partie de l’œuvre se trouve à l’étranger. Il se fait connaitre en France par une exposition à la galerie Suzy Langlois en 1974, puis en 1983 par une exposition au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Entre temps il aura exposé à Amsterdam, au Luxembourg, en Suède, aux Etats Unis…

En 1973, il expose « Situation triangulaire », de grandes voiles tissées et tendues du sol au plafond, puis en 1977 des blocs compacts, appelés « Enveloppements debout », ayant l’apparence de momies sanglées faites de feutre et de toiles de fibranne cousues. Peu de couleur dans ses œuvres. Il utilise essentiellement l’indigo dont il trouve la couleur assez neutre dans l’espace. Le procédé de mise en œuvre de la teinture à l’indigo a pour lui une forte valeur symbolique : l’indigo doit mourir pour renaitre. C’est un végétal en putréfaction qu’on essaye de transformer en minéral. Pour teindre il faut réduire chimiquement le jus qu’on extrait de la plante, c’est à dire lui faire perdre un atome d’oxygène. Alors, il devient soluble dans l’eau et incolore, c’est l’indigo blanc. Quand on trempe le coton dans le bain de teinture, les particules d’indigo soluble se précipitent dans les pores du matériau à teindre et lorsqu’on sort celui-ci du bain, le bleu renait en se ré-oxydant. Il correspond exactement à ce que doit être la vie pour Daniel Graffin.

Ces toiles teintes à l’indigo se veulent dénuées de tout l’affect dont les œuvres textiles sont généralement porteuses. L’apparente richesse du matériau textile le porte à l’obscénité, pense-t-il. Et c’est pourquoi il combat un temps celle-ci en pliant la toile de façon très méthodique, non pour éviter la matière, mais pour s’affranchir de l’image. Il dit s’être déchargé de toute humanité dans tous ses processus de préparation. Le motif peut être créé par des réserves de teinture, faites par des coutures dont les points restent apparents après le dépliage.

D’une série à l’autre, il n’y a pas de rupture parce que tout son travail est un travail sur le vide.

Il a exposé avec Sheila Hicks au Musée d’Aix en Provence (Traces et Reliefs, en 1977) et il aura été très présent aux Biennales de Lausanne dans les années 70, puisqu’il est sélectionné pour la 6ième, 8ième et 9ième.

Dans les années 80, il a réalisé de grandes sculptures en toile, se mouvant dans le vent. « En travaillant avec le vent, je peux obtenir des tensions avec des matériaux très légers et des moyens réduits au minimum, » nous disait-il. Il cherchait à faire respirer la sculpture, à jouer avec les aléas du vent, les hasards du temps, par la réalisation de grands cerfs-volants de 20 m de haut. Il veut alors créer des volumes dynamiques et tendus, des sculptures ascensionnelles : les panneaux horizontaux, par leur inclinaison, sont calculés de façon que la structure se lève toute seule. Il continue cette recherche du mouvement par d’autres structures, comme des girouettes en acier et toile.

Puis, aux antipodes de l’éphémère et du jeu avec le vide, Daniel Graffin, à la poursuite de ses racines, se dit préoccupé « d’une mémoire archaïque et secrète (…) C’est dans cette remontée vers les sources de l’humanité que le travail prend racine et paradoxalement, dans cette traversée des formes archaïques que j’ai le sentiment d’être contemporain ». Chacune de ses œuvres, sculpture éphémère ou hiératique, dessin, textile, participe à cette traversée en solitaire d’un art qui interroge le mystère des civilisations. En témoigne « Peinate con mi peine » qui, en novembre 2014, occupe l’espace de la galerie Fatiha Selam à Paris.

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