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Michel NEDJAR

Michel NEDJAR, Masque- Chair d'âme, 1985-87, 32 x 29 x 25 cm

Michel NEDJAR, Masque – Chair d’âme
1985-87, 32 x 29 x 25 cm

Michel Nedjar né le 12 octobre 1947 à Soisy-sous-Montmorency, en France, vit et travaille à Paris.

Il est connu pour la réalisation de poupées en matériaux divers souvent apparentées aux créations d’art brut.

Originaire d’Alger, son père est tailleur. Sa mère, polonaise, s’installe à Paris vers 1923, fuyant les pogroms. Une grande partie de sa famille a disparu dans les camps de concentration. Enfant, Michel Nedjar joue avec les poupées de ses sœurs et se passionne pour les étoffes. A quatorze ans, il est placé dans une maison de confection comme apprenti. Après avoir vendu des vêtements aux marchés aux puces, il effectue, entre 1970 et 1975, une série de voyages qui le mènent du Maroc au Mexique en passant par l’Asie. Il y découvre, fasciné, les fonctions magiques et symboliques de l’art mortuaire et des poupées d’envoûtement.

C’est à son retour à Paris que Michel Nedjar réalise ses premières poupées-fétiches. Elles sont confectionnées à l’aide de tissus, de chiffons récupérés et de sacs en plastique qu’il assortit de plumes, de morceaux de bois, de paille, de ficelle et de coquillages trempés dans des bains de teinture, de terre et de sang.

Parallèlement, il constitue, avec Madeleine Lommel et Claire Teller, une collection d’art brut qui, sous le nom de L’Aracine, finira par être la plus importante de son genre en France et sera intégrée au musée de Lille Métropole.

Depuis 1980, il réalise aussi des dessins à la cire et à la peinture sur des supports récupérés, ainsi que des statuettes et des bas-reliefs en plâtre ou en papier mâché. La thématique des cadavres brûlés et du corps mutilé domine sa production.

Dans le courant des deux dernières décennies Nedjar a acquis une renommée internationale, exposant dans les galeries à travers l’Europe et l’Amérique du Nord. Il continue à voyager, retournant régulièrement au Mexique et en Inde. Les œuvres de sa maturité ont acquis autorité et dignité et sont conçues à grande échelle. Ses motifs constants sont les animaux, les oiseaux et le visage humain réduit à un masque aux traits de chouette. Les œuvres, en deux ou en trois dimensions, restent fidèles à une vision fondamentale de la fragilité de l’identité humaine, de la souffrance des victimes piétinées et disloquées par l’histoire moderne. Son travail est une inquiétante poursuite des traces humaines qui insiste sur le monstrueux et l’horrible. A certains moments, son imagerie rejoint l’éloquence qui émane de l’art religieux ancien.

Ses œuvres ne figurent pas seulement dans de nombreuses collections d’Art Brut, mais dans de grandes collections d’art dont celle, grâce à la donation Daniel Cordier, du Musée National d’Art Moderne de Paris.

Moins connue est son activité de cinéaste expérimental, débutée dès 1964 et qu’il développa jusqu’au milieu des années 1980. A l’image de Lionel Soukaz, il est un des premiers cinéastes expérimentaux français à aborder le thème de l’homosexualité (« Le gant de l’autre« , 1977). Sa pratique va évoluer soit vers une exploration plus formelle des caractéristiques du cinéma : calligraphies lumineuses et grain de la pellicule, soit vers le cinéma direct. Ces recherches trouvent leur paroxysme dans « Capitale-Paysage » (1982-83), mêlant bribes de conversations, travail du son concret et du rythme, et effets kaléidoscopiques.

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