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Zoé Guédard

Carte blanche à Zoé Guédard, 2018

Courtoisie de l’artiste et du CN D, Centre National de la Danse, Paris. Vidéo complète, 354’20”. Courtesy of the artist and CN D, Centre National de la Danse, Paris. Complete video, 354’20”.
Vidéo: Andrew Dussert, Scénographie: Romy Texier. Video: Andrew Dussert, Scenography: Romy Texier.

 

« Ma carte blanche est un défilé de rue, dans une chambre, en rez de chaussée.
Ce sont des notations de rue pour un défilé de chambre.
Un défilé sans couturier que vous pouvez observer.
Je descends dans la rue pour regarder et noter les gens qui marchent.
Une première fois en août 2018 dans le cadre estival, vacancier.
Une seconde fois en septembre 2018 dans le cadre urbain de la rentrée.
Pendant sept jours, je fais l’inventaire du défilé de la foule.
Je prélève et écris la partition de dix silhouettes chaque jour.
J’ai quelques soixante-dix figures à la fin d’une première semaine d’enquête.
Et cent quarante looks possibles à la fin de ces deux semaines d’observation.
Mes notations de rue sont la partition pour mon défilé de chambre présenté au CND.
J’utilise l’imprécision de mes notations comme espace d’interprétation et de stylisme.
Ce défilé et les notations sont présentés dans une installation, construite et mise au point entre septembre et novembre 2018.
Ce cadre, décor ou set se situe entre le lieu de l’intimité d’une chambre et celui de l’objectivité d’une vitrine sur rue.
J’y expose la somme de mes annotations et ma collection : une garde-robe du quotidien, des vêtements anonymes, les outils de ma performance.
Ainsi, je présente un défilé de chambre sans saison, sans âge et sans genre.
J’en suis la modèle, une doublure me relaie parfois.
En continu je m’habille, défile puis porte l’allure suivante. Des passages dont je ne suis ni vraiment la styliste ni vraiment la modèle.
Ce corpus est à nouveau noté, c’est-à-dire ici filmé puis diffusé en simultané, nouveau point de vue, nouvelle notation pour mon défilé de chambre. »
Zoé Guédard.

Zoé Guédard performe en accumulant des couches de vêtements et d’accessoires sur son corps comme des amas plus ou moins travaillés. Ses essais d’assemblages textiles se laissent tomber sur les structures scéniques exposant en continu de nouvelles formes. Les repères graphiques que l’on retrouve sur les murs et dans l’espace scénique sont autant d’indications floues de silhouettes déjà formées, de matières combinées, de couleurs et de tissus collectés. Le franchissement du portant marque la séparation entre le privé et le public, le passage vers une autre allure, celle qu’il faut absolument montrer et agiter. Ces figures improvisées proposent d’autres façons ludiques de travailler les tissus portés en volume, de les ajuster à son corps au-delà de leur simple fonction de vêtements.

« My carte blanche is a street show, in a chamber, on the ground floor.
These are street notes for a chamber parade.
A seamless show you can watch.
I take to the streets to watch and notice the people walking.
A first time in August 2018 in the summer, vacation.
A second time in September 2018 in the urban setting of the start of the school year.
For seven days, I take stock of the crowd parade.
I take and write the score of ten silhouettes every day.
I have some seventy figures at the end of a first week of investigation.
And a hundred and forty possible looks at the end of these two weeks of observation.
My street notations are the score for my chamber parade presented at CND.
I use the imprecision of my notations as a space for interpretation and styling.
This parade and the ratings are presented in an installation, built and tuned between September and
November 2018.
This frame, decor or set is situated between the place of the privacy of a room and the objectivity of a
window on the street.
I exhibit there the sum of my annotations and my collection: an everyday wardrobe, anonymous clothes, the
tools of my performance.
Thus, I present a chamber parade without season, without age and without gender.
I’m the model, sometimes an understudy takes over from me.
I keep getting dressed, parading then wearing the next look. Passages of which I am neither really the stylist
nor really the model.
This corpus is rated again, that is to say here filmed and then broadcast simultaneously, a new point of view,
a new rating for my chamber parade. »
Zoé Guédard.

Zoé Guédard performs by accumulating layers of clothing and accessories on her body like more or less well-made heaps. Her attempts of textile assemblies dropped onto scenic structures continuously expose new forms. The graphic markers found on the walls and in the scenic space are all vague indications of already formed silhouettes, of combined materials, of collected colors and fabrics. Crossing the clothes rail marks the separation between the private and the public, the passage to another appearance, one that must absolutely be shown and shaken. These improvised figures offer other playful ways to work on worn fabrics in volume, to adjust them to one’s body beyond their simple function as clothing.

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