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LANGUE DE COTON – Poèmes brodés

Michèle Cohen / Jean-François Goyet

du 4 juillet au 5 septembre 2015

Propos decoususBibliothèque Forney
Hôtel de Sens
1, rue du Figuier 75004 Paris.

En 1993, le scénariste Jean-François Goyet a écrit une vingtaine de monostiches (poèmes d’un vers) que Michèle Cohen a mis une vingtaine d’années à broder. Chacun des ouvrages exposés est un fragment de scénographie, fragment d’espace, fragment de temps – mesuré, répété, contenu –  de ces textes riches de multiples sens, évoquant la broderie et réalisés au simple point de croix. On sent dans l’écriture si inventive et prolifique des monostiches de Jean-François Goyet combien il a aimé jouer sur les contraintes, croiser les sonorités poétiques avec le trait d’humour, surfiler les mots à la lisière du sens commun et de l’imaginaire. Michèle Cohen a mis tout ce temps à transcrire subtilement et minutieusement  ces vers, à broder, défaire et refaire, à mettre en scène la broderie par la broderie elle-même : le point de croix d’abord et le tissu sur les genoux de la brodeuse ( Chemin de croix :  » Aux six crucifix deux genoux pieux « ),  l’aiguille qui pique (Butin :  » la guêpe pique les lettres, les croise, vole l’image « ), le jeu des fils sur le tissu (Aiguillage :  » pour qu’un double brin voyage en chemin de vert « ), le tympan (Elle brode :  » Polka piquée du perce-oreille sur son tympan « ), faire et défaire (Propos décousus :  » Mais le brin suture ce que la plume a fendu « ) ou (Nœud :  » Le poison d’un heu ! dans l’oh ! arrête tout ouvrage « ),  le temps qui passe (Ouvrage :  » L’es – comme le temps – pace « ).

Une exposition qui, comme le disent eux-mêmes les auteurs,  » a la dimension de nos subtilités, de nos entêtements. De notre amitié. « 

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