A découvrir : le « Plis Watteau »

Contrairement à une idée répandue, le terme « plis Watteau » n’existait pas durant la vie de l’artiste ; il est forgé au milieu du XIXᵉ siècle par les historiens du costume, qui tiennent à rendre hommage au regard singulier du peintre sur le vêtement. Les contemporains de Watteau parlent simplement de plis ou de robe à la française.

Mais Jean-Antoine Watteau est perçu très vite comme l’artiste qui donne une forme particulière au plissage. Son point de vue est si unique, qu’en 1717, l’Académie française crée une nouvelle catégorie de peinture appelée « fête galante », spécialement pour décrire ses œuvres. Le peintre fait basculer le pli textile du statut de détail technique à celui de véritable figure esthétique. Le pli devient une référence pour la compréhension du volume, du mouvement et de la lumière dans le vêtement, faisant de Watteau un précurseur dans l’histoire croisée de la peinture, de la mode et du textile.

Jean-Antoine Watteau: peindre le pli • COLLECTIF TEXTILE

Image : Figures de différents caractères – Femme debout vue de dos, Jean-Antoine Watteau, 1713-39 

A lire : un texte de Valentine Oncins, sémiologue, intitulé Mémoires de l'Etoffe.

A parcourir les exemples picturaux proposés et analysés par l'auteure pour montrer les divers rôles de mémoire qu'elle octroie à l'Etoffe quand elle prend une grande part dans la représentation, nous comprenons qu'au-delà de délivrer des informations sur les modes de vie, la présence d'un tissu participe du récit fictif du tableau. Nous la voyons souvent devenir le sujet même traité par le peintre.

Lire le texte

 

A découvrir : le Musée du Filet brodé et perlé

À partir des années 1840 jusqu’à l’entre-deux guerre, le Perche va se spécialiser dans la réalisation d’articles en filet noué, brodé et perlé. Il devint bientôt l’un des principaux foyers de production du pays, alimentant le marché parisien et des grandes villes de province.

Ce savoir-faire hérité du Moyen-Age, va atteindre un niveau de sophistication tel que les grands couturiers du début du XXe siècle commandèrent de nombreux éléments de costume auprès des maisons de filet du Perche, et plus spécifiquement du petit village de La Perrière qui fait alors figure de « capitale » du filet percheron. C’est notamment la technique du filet perlé qui fera la notoriété du village, un des rares sites de production de ce type d’article de semi-luxe qui servait à agrémenter les robes et accessoires de mode.

Dans les années 2000, la créatrice de mode Chantal Thomas s’installe à La Perrière et redécouvre auprès d’anciennes filetières  ce savoir-faire unique que l’on pensait disparu et qu’elle va activement participer à valoriser.

À travers une riche collection d’outils et de pièces textiles issue le plus souvent des anciennes maisons de filet, le visiteur est invité à plonger dans le quotidien des filetières et à admirer les différentes techniques utilisées. Activité essentiellement féminine, c’est un véritable matrimoine que l’on redécouvre ici à travers le maillage du réseau de fil.  

L'espace s’étend sur deux niveaux. Il comprend une salle d’immersion où le public viendra à la rencontre de ces filetières à travers un petit spectacle introductif, puis un espace d’exposition permettant une découverte des techniques et de nombreuses réalisations. 
La Perrière 61360  Belforêt-en-Perche 

https://www.perchenormand.fr/tourisme/le-filet-brode-de-la-perriere/

L'artiste féministe Raymonde ARCIER est décédée le 7 mai 2026, à l'âge de 86 ans

Née en 1939, elle a voulu « porter à la connaissance de tous l’immense labeur des femmes ».

Dès son arrivée au MLF en 1970, elle tricote des pulls de 2 mètres de haut et fait des collages contestataires sur l’avortement, publiés dans le Torchon Brûle.

"Issue d’un milieu modeste, Raymonde Arcier est une authentique autodidacte qui gagne sa vie comme employée de bureau. Son existence va basculer dans la création par la rencontre en 1970 du MLF (Mouvement de Libération des Femmes). Pendant des heures, elle va se mettre à crocheter la laine, le coton, le métal, retrouvant l’art du tricot qu’elle pratiquait enfant, entre sa mère et sa sœur. Progressivement, des œuvres grandioses naissent sous ses doigts comme des tricots monumentaux, des poupées plus grandes que nature, des assemblages de serpillières, des pailles de fer pour casseroles.
Elle remet en question le pouvoir du père, en réalisant une immense sculpture de femme intitulée Au nom du père (1977) figurant une femme monumentale de trois mètres de haut portant des courses et un enfant.

Le Musée des Tissus de Lyon s’ouvre à la Biennale d’art contemporain de Lyon

Pour sa 18e édition, du 19 septembre au 13 décembre, la Biennale investit plusieurs lieux emblématiques de la métropole, dont le Musée des Tissus et des Arts décoratifs, l’un des plus importants fonds textiles au monde. Ce lieu patrimonial accueille une programmation dédiée à la création contemporaine, réunissant des artistes venus du monde entier.

Cette ouverture exceptionnelle s’inscrit dans la volonté de rendre la culture accessible au cœur des patrimoines lyonnais, tout en s’inscrivant dans une réflexion plus large autour de la future renaissance du musée.